Écho du passé
les traces du camp de Rivesaltes
16 Photographies cyanotypes
Formats 40x50cm
Sur papier kozo
Les lieux chargés de la mémoire collective m’attirent. La photographie m’aide à y entrer, y rester et y retourner. À porter mon regard. Il y a vingt ans, j’ai réalisé un reportage sur les camps d’extermination d’Auschwitz Birkenau, le village des martyrs d’Oradour sur glane et les plages de Normandie. J’ai également participé au référencement des monuments aux morts en France et en Belgique avec l’Université de Lille et le CNRS. Je pensais avoir achevé ce travail de mémoire. La découverte du camp de Rivesaltes a ravivé en moi un besoin puissant de photographier ce lieu.
Tout au long du XXe siècle et jusqu’en 2007, les baraques du camp de Rivesaltes ont vu défiler des milliers de personnes - hommes, femmes et enfants - d’origines, de cultures et de nationalités différentes : républicains espagnols, Juifs, Tsiganes, prisonniers de guerre allemands, harkis, prisonniers FLN, Guinéens et Nord-Vietnamiens. Ils ont vécu dans des conditions souvent très difficiles.
Ce site est le témoin des déplacements forcés, des conflits et des mouvements de décolonisation. L'empreinte de l'histoire dans le paysage y est forte : j’y vois des plaies et des cicatrices.
J'ai photographié le camp sous différentes lumières, en fonction des saisons et des moments de la journée.
Ensuite, je me suis isolée dans mon laboratoire pour réaliser des tirages sur un papier très fin. Pour éviter qu’ils ne se déchirent ou ne se dégradent lors des bains de développement, chaque manipulation doit se faire avec une grande lenteur, soin et délicatesse. Par ce geste photographique, je rend hommage aux personnes qui ont vécu dans cet endroit.














